Une étude récente menée par Tölgyesi et al. 1 a évalué le potentiel mondial de la restauration des écosystèmes pour atténuer le changement climatique, concluant que les écosystèmes restaurés présentent un potentiel de séquestration du carbone très limité (faisant référence ici à l'absorption et au stockage nets à long terme du CO2 atmosphérique dans la biomasse et les sols), par rapport aux émissions anthropiques historiques de carbone. Bien que ce message clé de leurs travaux puisse être valable, nous devons souligner plusieurs limites importantes dans les hypothèses couramment utilisées lorsque de telles approches de modélisation sont appliquées à des zones humides et des tourbières converties par l'homme. Cette conclusion risque d'induire les décideurs politiques en erreur car elle ne prend en compte que le carbone prélevé dans l'atmosphère. Le bénéfice climatique tout aussi essentiel de la restauration — à savoir la prévention des émissions continues de gaz à effet de serre provenant des écosystèmes dégradés (c.-à-d. la réduction des émissions continues de gaz à effet de serre qui se produiraient autrement en cas de dégradation continue des terres) 2 — est ignoré. En négligeant ce potentiel d'évitement, l'étude offre une vision partielle et potentiellement trompeuse du rôle de la restauration dans l'atténuation du changement climatique. Cette omission peut conduire à des évaluations incomplètes du rôle climatique de la restauration à un moment où des stratégies terrestres efficaces sont nécessaires de toute urgence pour soutenir les objectifs mondiaux de zéro émission nette d'ici 2050, et où l'existence du changement climatique, ainsi que la nécessité de restaurer les écosystèmes pour le bien-être humain, sont de plus en plus contestées par certaines franges de la société 3. Nous insistons sur le fait que notre commentaire vise à compléter, et non à invalider, les évaluations mondiales de la restauration en mettant en lumière une dimension supplémentaire — les émissions évitées — particulièrement pertinente pour les systèmes de zones humides dominés par les émissions et pour les politiques climatiques à court terme.
Wu et al. (Mon,) ont étudié cette question.
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