Au fil des siècles, le processus d'urbanisation a progressivement élargi, modifié et altéré les cycles naturels de l'eau : l'eau a été urbanisée. Cet article propose d'analyser l'infrastructure de l'eau comme l'entrelacement de réseaux distincts mais interconnectés : surface, sous-sol, potable, ruissellement, eaux usées. Avec le développement de machines à eau de plus en plus complexes, principalement conçues comme un espace uniquement technique, le lien entre l'espace urbain et l'eau en tant qu'élément et cycle a été progressivement perdu. L'urbanisation de l'eau a fortement modifié non seulement chaque système d'eau individuellement (à travers la voûte des rivières, les déviations, les canaux, les digues, le drainage, les réseaux d'approvisionnement et de sanitation) mais aussi, et surtout, la manière dont ils fonctionnent dans leur ensemble, la façon dont ils s'interfacent. Cet article propose de lire le processus d'urbanisation de l'eau à travers la notion d'interfaces de l'eau, définies comme les espaces où différents systèmes d'eau se rencontrent et où analyser l'eau à la fois comme une infrastructure systémique et comme une culture commune. L'urbanisation de l'eau sera explorée en documentant, cartographiant et catégorisant les interfaces de l'eau au sein de différents contextes socio-économiques : Bruxelles (BE) ; Sicile (IT) ; Kinshasa (RDC) ; Dakar (SNG). Cette approche fournira d'abord un aperçu comparatif sur la manière dont les cultures de l'eau ont été modifiées par l'urbanisation dans les études de cas proposées, ensuite une compréhension systémique du rôle et du potentiel que des pratiques spécifiques jouent en tant qu'interfaces spatiales entre les infrastructures et les cultures ancrées sur place.
Cavalieri et al. (Mer,) ont étudié cette question.