Comment l'imagination, qui sert habituellement à nous libérer de la réalité, peut-elle doter nos imaginaires sociaux de pouvoirs capables de réguler les interactions sociales réelles ? Comment pouvons-nous, à proprement parler, imaginer ensemble en premier lieu ? Et ces formes d'imagination collective dans lesquelles nous imaginons quelque chose qui relève du « nous » sont-elles plus « réelles » que d'autres ? Ou tous les imaginaires collectifs exercent-ils les mêmes pressions normatives sur leurs membres quant à ce qu'ils doivent imaginer et à la manière dont ils doivent le faire ? Dans cet article, nous proposons d'aborder ces questions en allant au-delà de la littérature classique sur l'imaginaire social. Nous soutenons que ce qui permet à l'imagination d'avoir un impact sur notre réalité sociale est, premièrement, la manière dont les croyances et les désirs s'entrecroisent avec nos représentations imaginaires, et deuxièmement, les caractéristiques normatives de l'imagination qui rendent possible l'imagination collective et régulent ce que nous pouvons et devons imaginer ensemble. De plus, nous suggérons qu'il convient de distinguer différents types d'imagination collective selon les différents degrés et l'étendue avec lesquels les normes pénètrent nos imaginaires partagés, ainsi que selon la reconnaissance de ces normes. Enfin, en nous appuyant de manière critique sur les recherches en génomique des populations, nous soutenons que les imaginaires sociaux sont les imaginations collectives dans lesquelles l'imagination est la plus susceptible de s'imbriquer avec ce que nous souhaitons être réel ou dans lesquelles nous imaginons des communautés auxquelles nous souhaitons appartenir.
Szanto et al. (Sun,) ont étudié cette question.