Résumé Les recherches variationnistes récentes indiquent que la variation grammaticale intra-locuteur (ou : l'optionalité) ne pose pas de problème lors de la production de la parole. Les contextes d'optionalité ne coïncident pas avec des dysfluences. Dans cette étude, nous posons une question complémentaire théoriquement significative concernant les contextes d'optionalité qui orientent fortement le choix d'une variante grammaticale : les contextes d'optionalité dans lesquels toutes les variantes sont équiprobables sont-ils plus problématiques que ceux qui orientent fortement le choix d'une variante grammaticale ? Après tout, les choix non biaisés (non guidés ou plus libres) sont parfois théorisés comme étant plus difficiles que les choix biaisés (guidés). Nous avons analysé empiriquement un sous-ensemble du SWITCHBOARD corpus d'anglais américain parlé, tour de parole par tour de parole. Le jeu de données couvre 7 295 tours de parole contenant 7 001 contextes d'optionalité (répartis sur 20 types d'alternance grammaticale), 2 970 pauses pleines et 41 297 pauses silencieuses. Contrairement aux affirmations de la littérature, un faible guidage probabiliste n'entraîne pas plus de difficultés de production qu'un guidage probabiliste fort. Les choix grammaticaux imprévisibles ne sont pas plus difficiles que les choix grammaticaux prévisibles.
Hoey et al. (Mon,) ont étudié cette question.