Résumé Alors que l'auto-tromperie est depuis longtemps un sujet d'intérêt en psychologie et en philosophie analytique — et de plus en plus dans l'étude académique de la théologie et de la religion — l'engagement direct avec Augustin sur l'auto-tromperie reste peu exploré dans la recherche contemporaine. Cet article démontre comment un compte rendu augustinien de l'auto-tromperie, tiré des réflexions d'Augustin sur la mémoire et le mensonge, pourrait offrir une intervention constructive dans les débats contemporains autour de l'auto-tromperie en philosophie analytique et en théologie. Mon compte rendu augustinien de l'auto-tromperie reconceptualise l'auto-tromperie comme impliquant non seulement un discours duplicité mais aussi un souvenir duplicité. L'issue de mon compte est que l'auto-tromperie peut impliquer mentir à soi-même sans persuader efficacement soi-même. Enfin, puisque le compte rendu augustinien de l'auto-tromperie suggère que notre auto-connaissance est toujours liée à la connaissance d'autrui à notre sujet, je propose comment Augustin fournit des ressources théologiques et éthiques pour se souvenir justement en confessant et en confrontant le passé ensemble.
Aiming Wu (Sun) a étudié cette question.