CONTEXTE : Depuis octobre 2023, la Cisjordanie a connu une "guerre invisible" caractérisée par des raids militaires intensifiés, des restrictions de mouvement et une instabilité économique. Alors que l'attention mondiale se concentre sur la destruction à Gaza, l'impact de ces conditions de guerre "attritionnelles" sur la santé mentale des étudiants universitaires de Cisjordanie reste peu étudié. Cette étude vise à évaluer la prévalence des symptômes dépressifs et du bien-être mental parmi cette population et à modéliser les déterminants bio-psycho-sociaux de ces résultats. MÉTHODES : Une étude transversale quantitative a été menée en novembre 2024 parmi des étudiants universitaires (N = 497) à travers le nord, le centre et le sud de la Cisjordanie. Les données ont été recueillies à l'aide d'une enquête numérique comprenant l'inventaire de dépression de Beck - Formulaire court (BDI-SF), l'échelle de bien-être mental de Warwick-Édimbourg (SWEMWBS), et un inventaire de stresseurs bio-psycho-sociaux personnalisé. La modélisation d'équations structurelles par moindres carrés partiels (PLS-SEM) a été employée pour analyser les relations entre les facteurs environnementaux, familiaux, individuels, sociaux et universitaires et les résultats en matière de santé mentale. RÉSULTATS : Les résultats ont révélé un "écart florissant" profond : tandis que 36 % des étudiants présentaient des symptômes dépressifs modérés à sévères, un incroyable 93 % n'atteignaient pas le seuil de bien-être mental élevé, avec seulement 7 % classés comme épanouis. La modélisation structurelle a expliqué 63 % de la variance dans la dépression et 40 % dans le bien-être. Les facteurs individuels étaient le plus fort facteur de risque pour la dépression (bêta = 0,45), tandis que les facteurs sociaux ont servi de tampon protecteur significatif, prédisant fortement un bien-être plus élevé (bêta = 0,73) et une dépression plus faible. Les facteurs universitaires ont également influencé positivement le bien-être (bêta = 0,47). CONCLUSIONS : Les étudiants universitaires palestiniens naviguent dans une crise de la santé mentale caractérisée non seulement par une dépression élevée mais également par une extinction massive du fonctionnement psychologique positif. Cependant, l'environnement universitaire et les systèmes de soutien social agissent comme des sanctuaires critiques de résilience. Les interventions doivent aller au-delà de la pathologie pour renforcer ces échafaudages sociaux collectifs et protéger les institutions d'enseignement supérieur en tant qu'infrastructure psychosociale essentielle.
Khleif et al. (Mercredi) ont étudié cette question.