Introduction Les personnes en situation de sans-abrisme sont exposées à un risque disproportionné de mortalité prématurée. Dans le comté de Harris, Texas, États-Unis, la mortalité a continué d'augmenter malgré la réduction du sans-abrisme de rue. L'ampleur et le calendrier du recours aux services de logement et aux services sociaux précédant ces décès restent mal compris, mais pourraient aider à déterminer si et comment le recours aux services pourrait jouer un rôle dans la prévention. Méthodes Cette étude transversale a inclus 417 adultes décédés alors qu'ils étaient en situation de sans-abrisme dans le comté de Harris entre janvier 2021 et décembre 2022. Les dossiers du médecin légiste ont été appariés de manière probabiliste au système régional d'information sur la gestion des sans-abri (Homeless Management Information System, HMIS) afin d'évaluer le recours aux services de janvier 2020 jusqu'au décès. Des analyses bivariées ont comparé les personnes décédées avec et sans dossier HMIS et, parmi celles enregistrées dans le HMIS, les personnes avec et sans interactions récentes avec les services (≤12 mois avant le décès). Résultats L'âge médian au moment du décès était de 55 ans. Un peu plus de la moitié des personnes décédées (53,48 %) possédaient un dossier HMIS, mais seulement 29,50 % avaient eu une interaction récente avec les services. Les services les plus fréquemment documentés étaient la réponse aux besoins fondamentaux et la gestion de cas, tandis que les actions de proximité dans la rue ont touché le plus grand nombre d'individus. Des différences raciales et ethniques significatives ont été observées, les personnes décédées hispaniques et asiatiques non hispaniques étant moins susceptibles d'avoir utilisé les services par rapport aux personnes décédées noires non hispaniques et blanches non hispaniques. Conclusion Près de la moitié des personnes décédées alors qu'elles étaient en situation de sans-abrisme ne disposaient d'aucun dossier de services documenté, et moins d'un tiers avaient eu un recours récent, ce qui met en évidence un lien limité avec les services avant le décès. Renforcer la continuité et la fréquence des contacts, élargir les actions de proximité adaptées à la culture et améliorer les parcours d'accès aux services axés sur le logement pourraient favoriser un meilleur engagement et une meilleure identification des risques, bien que leurs implications sur la mortalité nécessitent des recherches plus approfondies.
Stratemann et al. (Wed,) ont étudié cette question.