Résumé Cet article examine « La Bibliothèque de Babel » (1941) et « L'Aleph » (1945) de Borges comme des constructions littéraires qui reconfigurent radicalement le concept d'infini – non pas comme une abstraction métaphysique, mais comme une structure finie et combinatoire dont les effets sont infiniment épistémologiques et esthétiques. S'appuyant sur les mathématiques, la philosophie et la poétique, l'article soutient que les histoires de Borges fonctionnent comme des laboratoires conceptuels, simulant l'infini à travers des contraintes formelles récursives. Dans « La Bibliothèque de Babel », Borges construit un univers apparemment infini en utilisant un ensemble de caractères et des règles structurelles strictement finis, produisant une totalité combinatoire qui submerge la cognition par la redondance plutôt que par l'expansion. En revanche, « L'Aleph » collapse l'infini en un point de simultanéité, dramatise l'impossibilité de représenter la totalité dans les contraintes temporelles et linguistiques. En engageant avec les théories de Georg Cantor, David Hilbert et David Deutsch, l'article explore comment les fictions de Borges opérationnalisent l'infini dans les limites de la perception et de la représentation humaine. La littérature, dans la vision de Borges, ne se contente pas de refléter l'infini mais l'incarne, révélant une poétique de la récursivité, de la saturation et du paradoxe structurel. À cet égard, le travail de Borges émerge comme un modèle esthétique et cognitif de l'infini, où la fiction devient un mode de pensée qui rend l'inaccessible momentanément pensable.
Bo Kampmann Walther (ven,) a étudié cette question.
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