RÉSUMÉ Les polyphénols sont largement reconnus pour leurs propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et préventives contre les maladies, mais des preuves accumulées soulignent un caractère paradoxal de leur activité biologique. À des niveaux diététiques physiologiques, les polyphénols exercent des effets bénéfiques par la modulation de l'homéostasie redox, des voies de signalisation et des systèmes enzymatiques protecteurs. Cependant, une supplémentation à forte dose ou une utilisation pharmacologique peut perturber l'équilibre cellulaire, entraînant une activité pro-oxydante, une inhibition enzymatique, une perturbation endocrine et une toxicité organique. Cette revue résume les connaissances actuelles sur les effets doubles des polyphénols, en soulignant leur comportement dose-réponse hormétique et les résultats dépendants du contexte de leur consommation. Des résultats indésirables ont été rapportés dans des études expérimentales et cliniques. Il s'agit notamment d'effets cancérigènes, d'une absorption du fer altérée entraînant une anémie, de perturbations des hormones thyroïdiennes, d'hépatotoxicité, de néphrotoxicité et d'intolérance gastro-intestinale. Les voies mécanistiques impliquent principalement la chélation des ions métalliques, l'interférence avec les cytochromes P450 et la formation d'intermédiaires de quinone réactive qui se lient aux thiols protéiques, épuisent le glutathion et augmentent les espèces réactives de l'oxygène. De tels processus compromettent l'équilibre redox, altèrent la signalisation cellulaire et peuvent aggraver des états pathologiques sous-jacents. Ces résultats soulignent la nécessité d'une compréhension nuancée de la biologie des polyphénols au-delà de leur rôle antioxydant présumé. Les recherches futures devraient privilégier la caractérisation dose-réponse, la clarification mécanistique des effets pro-oxydants et disruptifs endocriniens, et l'évaluation clinique rigoureuse de la sécurité à long terme. Optimiser les bienfaits pour la santé des polyphénols nécessitera des stratégies de dosage informées par leur nature hormétique, leur biodisponibilité variable et le contexte physiologique individuel, garantissant l'efficacité sans déclencher d'effets secondaires nocifs.
Vranková et al. (Mon,) ont étudié cette question.