Cet article présente la méthode de pause prolongée (EPM) comme une stratégie de recherche conceptuelle qui intègre systématiquement le désengagement prolongé dans le processus scientifique. Son objectif est de tirer parti de la distance temporelle comme une variable épistémique active, contribuant à surmonter la fixation cognitive, à générer des hypothèses alternatives et à réviser les intuitions méthodologiques. S'appuyant sur des résultats de la psychologie cognitive, des sciences de l'apprentissage et de la recherche sur la créativité — en particulier concernant les effets d'incubation, l'oubli et le réengagement retardé — la méthode démontre que le retour répété à un problème de recherche après des pauses prolongées peut favoriser de nouvelles perspectives et des aperçus conceptuels plus profonds. L'EPM est structuré autour de cycles délibérés d'engagement, de travaux parallèles sur d'autres projets et de réinsertion structurée, traitant la subjectivité du chercheur non pas comme un biais mais comme une ressource productive. Des exemples pratiques illustrent l'application de la méthode à travers les étapes de recherche, du développement de la théorie et de la génération d'hypothèses à la conception méthodologique et à l'interprétation. Enfin, les implications, limitations et questions ouvertes sont discutées, en particulier en ce qui concerne la qualité de la recherche, la reproductibilité et le chercheur en tant qu'agent cognitif variable dans le temps.
Rebekka Brandt (Sun) a étudié cette question.