Résumé Cet article propose de mettre en évidence le lien entre les représentations savantes de l’Indien, concept occidental de l’altérité colonisée, et les représentations littéraires de l’Indien dans les romans français du dix-neuvième siècle. Dans une perspective comparative, il souhaite explorer le lien dynamique entre les théories (pseudo)scientifiques racialisantes qui ont créé le mythe de la race en voie de disparition et de l’Indien primitif, notamment celles des Français Georges-Louis Leclerc de Buffon ou Arthur de Gobineau, et la figure de l’Indien atemporel ou en voie de disparition dans les romans français, au prisme de l’étude du concept de fixité, emprunté à Homi Bhabha. Ainsi, cet article se propose d’examiner la perméabilité du discours sur l’Indien et la notion de fixité historique entre les différents genres littéraires français, ainsi que la profonde ambiguïté qui a marqué la façon dont la figure de l’Indien d’Amérique du Nord a été appréhendée et utilisée dans les romans sauvagistes de François-René de Chateaubriand, de Gabriel Ferry et de Gustave Aimard.
Kelly Fazilleau (Mon,) studied this question.