Cette thèse examine comment les services publics (garde d'enfants, soins de longue durée, hôpitaux, écoles) influencent l'indépendance économique des femmes, c'est-à-dire leur capacité à vivre de leurs propres revenus. Elle explore une dimension de l'État social encore peu étudiée en économie, au-delà des prestations monétaires traditionnelles. La thèse s'appuie sur une base de données originale et harmonisée recensant les infrastructures de services publics à l'échelle régionale européenne.L'analyse repose sur une double conception des services publics : comme infrastructures libérant du temps de travail domestique et facilitant la participation des femmes au marché du travail, et comme secteurs d'emploi majeurs pour celles-ci.Les résultats de la thèse révèlent un paradoxe central : si ces services favorisent effectivement l'entrée des femmes sur le marché du travail et augmentent leur offre de travail (Chapitre 1), ils n'améliorent que faiblement leur indépendance économique réelle, mesurée par la pauvreté et les inégalités dans le couple (Chapitre 2).Cette limitation s'explique par deux mécanismes. D'abord, en tant qu'employeurs, ces services reproduisent des inégalités de genre à travers une double ségrégation : ils offrent des emplois fortement féminisés et dévalorisés, limitant ainsi l'impact sur les salaires des femmes (Chapitre 3). Ensuite, en tant que services destinés aux usagers, ils profitent davantage aux femmes diplômées, aggravant les inégalités sociales entre femmes (Chapitre 1 et 2).Elle conclut que sans prise en compte des effets différenciés selon le genre et la classe sociale, les politiques publiques risquent de fragiliser davantage les populations déjà vulnérables.
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Romane Frecheville
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Romane Frecheville (Thu,) studied this question.